Saurez- vous relever le défi de la démocratie participative?

L’acceptation de projet est devenue en quelques années une variable incontournable du management de projet industriel.

Un contexte nouveau

Pression concurrentielle accrue, montée en puissance de la problématique environnementale, révolution des moyens d’expression qui démultiplie les oppositions, voilà les nouveaux obstacles à franchir pour le maître d’ouvrage.

L’acceptabilité des projets industriels n’est pas une exigence nouvelle mais elle a muté : de souhaitable puis nécessaire, elle devient aujourd’hui une condition sine et qua non, non seulement pour l’insertion de nouveaux projets mais aussi pour le maintien et développement des sites existants.

Une opposition renforcée

L’approbation du projet par les riverains ou les collectivités publiques est loin d’être acquise. L’opposition systématique est une pathologie très répandue ! Vous connaissez probablement le syndrome NIMBY : not in my backyard ? Il touche les associations s’élevant contre un projet d’infrastructure dégradant la qualité de vie d’un quartier, sans nier l’utilité intrinsèque de celui-ci, mais en contestant son implantation et les troubles qu’il crée ou créera dans le voisinage. Préparez-vous au syndrome BANANA : build absolutely nothing anywhere near anyone !

Avec l’institutionnalisation du débat public pour les grands projets (> 300 M€), il est désormais impossible d’ignorer les avis des riverains, des associations, ou des collectivités publiques.

Du contrôle social à la participation du grand public

Dans les années 90, le législateur a inscrit le principe de participation dans le système juridique français : « un débat public peut être organisé sur les objectifs et les caractéristiques principales des projets pendant la phase de leur élaboration » (Loi Barnier). La Commission Nationale du Débat Public est créé sous la tutelle du Ministère de l’environnement. En 2000, le principe de participation est encore élargi : « Participation du public à l’élaboration des projets d’aménagement ou d’équipement ayant une incidence importante sur l’environnement ou l’aménagement du territoire. » (Loi de 2002). La CNDP devient l’organe majeur et indépendant de la participation publique.

Les modalités du débat public

Dans l’idéal démocratique, le débat public s’inscrit en amont du processus d’élaboration d’un projet et porte à la fois sur son opportunité, sur ses objectifs, et sur ses caractéristiques principales, lorsque toutes les options sont encore possibles. L’idée est d’informer le public, de donner la parole aux parties prenantes, et d’éclairer le maître d’ouvrage ou la personne publique responsable du projet.

Ces débats insuffisamment préparés font naître plus de controverse et de frustration que de consensus. En l’absence de concertation et de communication, le projet s’expose aux retards, aux suspensions, voire même à une annulation.

Penser la communication en termes de management

Cela signifie que la communication des projets industriels (création, extension, rénovation) doit désormais être planifiée dans le cadre de la stratégie du projet. Elle doit s’articuler avec des éléments-clés de mise en œuvre de cette stratégie tels que : la gouvernance du projet, la maîtrise des risques, le contexte normatif, la conduite et l’accompagnement du changement, la coopération entre parties prenantes, l’intégration structurelle et la responsabilisation des acteurs. C’est à ce prix qu’on réussira à concilier participation démocratique et gestion de projet industriel.

Partage