Management du risque dans le secteur bancaire

Développement du management du risque dans le tertiaire : Le cas du secteur bancaire

La mise en œuvre de la réglementation bâloise [1] est en train de profondément transformer le comportement des établissements bancaires concernant le traitement du risque opérationnel. L’enjeu, au delà de l’aspect règlementaire est de passer d’une gestion du risque par quelques petites équipes spécialisées vers une culture du management du risque qui exige l’implication de l’ensemble du personnel d’une ligne de métier, à l’instar de ce qu’à déjà réalisé l’industrie.

Cette tendance est d’autant plus forte que ce changement de perspective est associé à une prise de conscience que le traitement du risque opérationnel est autant synonyme d’opportunité de gains que de contrainte réglementaire.

L’exemple du traitement des Cartes Bleues

La mise en place d’un dispositif capable d’identifier en temps réel des comportements atypiques – relativement au profil du client et à l’analyse statistique de ses comportements – conduit le système d’information à générer des alertes occasionnant le blocage de la carte en cause ou une prise de contact avec le porteur (par texto ou par téléphone) afin de s’assurer de la validité de la transaction. La mise en place de ce dispositif a permis de réduire le niveau de perte de 60% d’une année sur l’autre, tout en évitant de pénaliser les porteurs et les commerçants.

De la conformité à la performance

La contribution première attendue du traitement du risque opérationnel est généralement la réduction des fonds propres nécessaires pour couvrir les risques d’un point de vue purement réglementaire. Mais il s’agit aussi d’impacter l’ensemble des dysfonctionnements de l’organisation susceptibles de générer des pertes : sur le plan financier (notation des agences, valorisation des actifs, capitalisation boursière) mais également en termes de qualité de service et de performance organisationnelle.

Cette approche repose sur deux leviers : le levier système – le dispositif de gestion du risque opérationnel (facteurs, indicateurs, pilotage, reporting) et le levier management – le pilotage du système par un personnel clairement identifié, sensibilisé et formé.

Déjà bien ancrés dans le secteur industriel, les dispositifs de management du risque opérationnel ont fait leur preuves : le retour sur investissement est de 2 à 3 pour 1 dans les 12 mois.


[1] Les normes Bâle II constituent un dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires et principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences en fonds propres.

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